Trois fois rien

19 octobre 2014

Berlin, an 2000

O. m'a quittée. Dans l'appartement près du port, le sol se dérobe sous mes pieds. Les copines de toujours me ramassent à la petite cuillère; A. m'envoie du chocolat et je vais dormir chez M. quand chez moi je n'y arrive pas. Je me souviens de balades dans le Cotentin, Port Racine, Vauville, Omonville, des photos des Enfants du Paradis dans la maison de Jacques Prévert, et l'idée, soudain, que la vie n'est pas finie et qu'elle est même plutôt jolie. Les dunes sous la pluie aussi, seule. Un voyage à Amsterdam et au retour des brassées de tulipes qui remplissent l'évier de l'appartement. On s'est beaucoup promenés avec mes parents à cette époque-là et je ne sais toujours pas si c'était pour me changer les idées, toutes ces balades. Avec K. on prépare l'Internat, on a redoublé notre 6ème année pour ça. Je classe des articles par spécialité dans des classeurs, ça prend une place et un temps fous; je réponds à des QCM stupides. Il m'apporte des cornes de gazelles, parfois des somnifères, c'est selon. On s'entend bien; la vie redevient intéressante. J'abandonne le concours; je n'arrive plus à apprendre des choses qui ne m'intéressent pas et à cocher des croix. Je serai médecin généraliste, ce qui laisse encore pas mal (trop?) de possibilités. Au printemps, je prends l'avion pour Berlin. A. travaille là-bas comme chercheuse en physique et je vais lui rendre visite quelques jours. Classe affaires. Dans la salle d'embarquement, que des types en costard, et moi. Elle m'a indiqué quel métro prendre pour arriver chez elle. Une première cour, puis une deuxième. Beaucoup d'arbres, des cerisiers je crois, et un silence inespéré en ville. Je me souviens du solide plancher en bois verni, la table ronde noire dans la pièce principale et le coin cuisine qu'elle y avait aménagé, la chambre au fond sur un autre niveau, avec une place pour sa machine à coudre et au mur une photo d'un champ de colza sous un ciel d'orage. Dans la salle de bain, des cartes postales de tableaux de Degas. Dans la journée, A. travaille et je me promène seule. Charlottenburg, Schöneberg, Kreuzberg, Mitte... Berlin est vaste mais on n'y étouffe pas. Le week end, nous circulons à vélo. La piscine le dimanche matin, et un moment de surprise devant les vestiaires collectifs! Puis un brunch mémorable, sous les premiers rayons de soleil du printemps. Les courses dans le quartier turc, les cafés bon enfant tout autour de chez A., les chocolats super épais, les bancs en bois, un resto éthiopien à Prenzlauer Berg, un apfelschorle bu d'une traite sur l'Alexanderplatz après une longue marche sous le soleil. De Berlin, j'ai surtout des souvenirs de vie quotidienne, c'est une autre façon d'aborder la ville. Avant de partir, j'ai posé un bouquet de roses pour A. sur la table ronde. C'était la première fois qu'on lui offrait des fleurs. J'ai rapporté chez moi du thé rouge au pamplemousse et j'ai quitté l'appartement près du port.

Nous partons demain à Berlin, à cinq. Nul doute que notre expérience sera différente. J'aimerais voir ce qui me reste de ce premier séjour, si les impressions seront les mêmes ou si ma propre histoire d'alors a influé sur ma perception de la ville... A suivre en photos!

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16 octobre 2014

Portugal (6) Le centre

Après 4 jours à Porto, nous descendons vers le centre du Portugal. Le problème du camping aux abords des grandes villes est souvent un accueil "minimum" et un côté "usine" (même aléa à Séville l'an passé). Nous avons donc hâte de nous poser dans un endroit accueillant et propice au repos (sans sono "boum boum boum" autour de la piscine, par exemple!). Le choix de notre point de chute est donc cette fois directement lié à une appréciation favorable repérée dans notre guide: c'est ainsi que nous arrivons à Tomar, au milieu d'une campagne aux airs de Toscane, plantée d'oliviers et de vignes. Campement installé en bordure de champ; au matin on voit le soleil se lever sur les oliviers, et nos voisins, qui répondent aux doux prénoms de Barbie et Ken, sont des poneys shetlands, ce qui pour certains constitue un argument de poids pour classer cet endroit parmi les plus paradisiaques qui soient! Pour ma part, le spot près de la piscine avec un bouquin, une bière portugaise et un wifi (ben oui, quand même) me convient assez bien!

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09 octobre 2014

Portugal (5) Porto côté fleuve

Porto, J4. On délaisse la foule qui s'entasse dans les bars et restos le long des quais (à éviter, si je n'ai qu'un conseil à donner!) et on embarque pour une balade sur le fleuve Douro, sous un ciel un peu gris (on est encore au Nord du Portugal et ça se sent!). (Bonne nouvelle: les enfants ne paient pas -c'est pas si souvent...) On observe les façades de couleurs et on se dit que ça doit être assez génial d'arriver à Porto par le train, qui emprunte le pont au-dessus du fleuve avant de s'engouffrer dans la gare creusée dans le rocher... (La belle gare São Bento et son hall couvert d'azulejos: ici)

Pour notre dernier soir, on se trouve un bon resto sur les quais de l'autre côté du fleuve (côté Vila Nova de Gaia) et à la nuit tombée, on traverse à pied le pont Dom Luis qui donne encore une autre perspective sur la ville. Porto by night, c'est joli aussi...

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07 octobre 2014

A kind of magic

Vingt-quatre heures dans un lieu que nous connaissons assez bien, mais dans des conditions extra-ordinaires... C'était... mmmmmh...!

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 (Je ne parviens pas à ordonner ni à redimensionner les photos...)

Et puis, oh! Je m'aperçois que ce blog a six ans aujourd'hui! Alors merci à vous qui le suivez, pour certains, presque depuis le début!

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05 octobre 2014

Été indien

Notre point de chute du vendredi soir (enfin, de certains vendredis...) 

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29 septembre 2014

Portugal (4) Toujours Porto

Toujours à pied, toujours à l'aventure, on poursuit la ballade dans Porto... Le Mc Do art déco (quasi vide tôt le matin) pour un grand caffe latte avant de démarrer... Le marché de Bolhão, d'un autre temps (les commerçantes semblent être d'origine) et qui ne semble pas en grande forme malgré quelques jolis étals (pensée pour Marie devant la marchande de légumes équipée d'un hachoir à kale!). Et puis cette librairie fabuleuse, Lello & Irmão, ses rayonnages en bois montant jusqu'au plafond, son escalier rouge en 8, sa verrière en vitrail, les rails au sol pour acheminer les caisses de livres... L'endroit est tellement couru qu'un créneau horaire (entre 9h et 10h du matin) est réservé aux photos! On aimerait y prendre son temps et y boire un café, mais il faudrait sans doute pour cela revenir hors saison...

  

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26 septembre 2014

Juillet 2014

(Petite parenthèse / retour en arrière dans le récit de l'été portugais... Car juste avant, il y a eu l'été à la mer...)

Rien ne s’est passé comme prévu, et c’était très bien. Si on avait fait comme d’habitude, on serait resté à la maison, à juste profiter d’avoir du temps, organiser quelques sorties dans les arbres ou près de l‘eau avec les amis dont beaucoup ne partent pas en vacances, bricoler, s’ennuyer aussi un peu, c’est bien aussi de s’ennuyer de temps en temps. Mais il se trouve qu’il y a maintenant deux chambres sous les toits, dans cette maison qui n’est pas tout à fait la nôtre et ne ressemble plus à nos (mes) souvenirs, mais où nous pouvons au moins dormir et être reçus aimablement. Après des années à pleurer sur les liens défaits ou inexistants, à désespérer que tout prenne l’eau -aux sens propre et figuré!- pour finalement abandonner la partie et se résoudre à s’enraciner ailleurs avec ses souvenirs dans un coin de la tête… Après avoir fait le deuil du figuier symbolique, vendu pour malade puis abîmé par quelque tempête… et avoir souri en voyant au cimetière, celui resplendissant qui veille sur les tombes des aïeux… Après s’être résolue à ne plus entretenir qu’un minuscule jardin de graviers et avoir ri aux éclats un premier novembre quand, sous des trombes d’eau, nous avons planté dans la boue un rosier blanc et un pied de lavande sur la tombe de Victor et Marie (on peut être désespéré et joyeux!)… Après tout ça, l’idée ne nous effleurait même plus de faire de cette maison un peu la nôtre, ne serait-ce que le temps d’un été. S’il n’y avait eu l’Atelier d’Anne à tenir le temps d’un grand week end, et la promesse d’amis à retrouver, peut-être que rien ne se serait passé. Et nous voilà pourtant comme de vrais vacanciers à poser nos sacs sous les toits et entasser nos vélos dans le garage déjà bien encombré. Voilà une tente montée dans le jardin, les enfants qui dorment dedans avec leurs copains et partent à vélo quand bon leur semble. Voilà les soirées tièdes où tu bois ton café sur le muret, face au havre, en regardant la mer monter et le soleil disparaître. Le même muret où quelques années auparavant, tu photographiais -un brin désespérée- le moindre signe de vie: des campanules qui s’obstinaient à fleurir là où il n’y avait plus rien. Le muret aussi où les enfants lisaient des BD, vestiges d’une autre époque (ma propre enfance), quand la maison était encore inaccessible. Et te voilà, toi, à t’émerveiller chaque matin de cette vue sur le havre, toujours changeante, et à traîner le soir dans la grève ou près du ponton. La lumière n’est jamais la même; la hauteur de l’eau non plus. Certains soirs par grands coefs, quand le havre se transforme en lac, le spectacle se suffit à lui-même. (Tu sors quand même ton smartphone, affreuse geek que tu es, pour partager un peu de la magie de l’’instant avec tes amis Facebook et Instagram). Les enfants inventent des jeux au bout du ponton, des devinettes qui durent des heures. On pourrait y jouer ailleurs, n’importe où, oui mais c’est LÀ qu’il faut que ça se passe. On joue aussi à frôler l’eau avec les roues des vélos; après il y a les maniaques qui rincent les rayons à l’eau claire, et les autres insouciants qui roulent dans la vase et reviennent entièrement gris. On s’en fout, ça part. Là-bas, il te faut tout au plus quelques livres, une brosse à dents, un maillot de bain (un appareil photo), et l’été peut passer. Parfois on se hasarde sur la « route touristique », mais dès la Sienne franchie, c’est déjà un autre pays; la côte n’est plus la même; les havres se suivent et ne se ressemblent pas. On va saluer Stéphanie, la bergère des temps modernes, en s’étonnant de ce qui a pu l’amener là. Ou bien on descend jusqu’à Granville, où on retrouve des repères, le souvenir d’autres vacances encore plus lointaines. Et puis le soir on rentre au port... On a du mal à l’imaginer, mais cet endroit paisible qui change au rythme des marées a été autrefois le plus grand port de commerce du coin. Eh oui. Maintenant c’est juste assurément ton port d’attache à toi, là où tes racines puisent dans l’eau salée pour repartir, et revenir sans cesse. Et puis il y a les dunes aussi -il faut m'arrêter, ou je continue des heures... Les dunes refuge depuis toujours de tous mes chagrins même ceux inconsolables (après un moment dans les dunes, éventuellement sous la pluie ou sous l'orage, même si ça ne va pas parfaitement bien, c'est toujours mieux qu'avant, c'est comme ça), les dunes de la plage "où on s'est marié" (dixit Louis, petit), les dunes où il nous arrive aussi de juste nous poser en vacanciers lambda, ou de revenir le soir, à marée haute, se baigner et être seuls au monde. Ou juste regarder le soleil se coucher.

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Je voudrais remercier toutes celles avec qui j’ai eu des échanges sur les liens familiaux, les maisons de nos passés, les figuiers, Paul et Astrid (Minelle!). Le temps fait son oeuvre, rien n’est forcément comme on l’imagine, mais on s’étonne soi-même d’être toujours là, en vie, parfois encore plus qu’avant. Je suis toujours là, toujours envahie de doutes et d’hésitations, mais ayant résisté aux tempêtes, et peut-être moins désespérée qu’avant. 
Je suis là et même, je vous attends, les amis de passage! Parce que même dans cette maison en désordre, avec cette famille bancale, on sait recevoir (certains en ont fait l’expérience!). On trouvera toujours un citron vert, du sucre de canne et une rasade de Bologne pour trinquer à nos vies bizarres, et au pire, vous dormirez dans le jardin!
C’est peu dire que j’ai aimé l’été de mes quarante ans. Et les autres à venir.

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21 septembre 2014

Portugal (3) Dans les rues de Porto

Que de kilomètres parcourus en montée, en descente, sur les pavés de Porto! Le nez en l'air à observer les façades un peu décrépies et les immeubles vides, le contraste avec la vie en dessous. L'atmosphère de Porto nous a plu et nous avons passé 3 jours à la découvrir un peu au hasard...

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17 septembre 2014

Portugal (2: Porto)

Burgos-Porto: 600 km. Notre première étape portugaise est, logiquement, au nord. Nous posons nos valises au bord de l'océan, à Vila Nova de Gaia. Le soir de notre arrivée, on file humer l'air du large sous un ciel étoilé. (On n'est pas les seuls!) Les vacances commencent...

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15 septembre 2014

Portugal! (1)

Oui, il y a encore une vie par ici... (Merci à ceux qui s'en sont inquiétés!) Et même des centaines de photos en stock...

En août, nous sommes partis trois semaines au Portugal. Sans avoir rien prévu à l'avance, fidèles à notre habitude... Juste une tente 4 personnes facile à monter et à démonter, une tente 2" et quelques affaires. 

Première étape, Burgos (en Espagne, donc!). Là où nous avions terminé notre périple espagnol un an avant. Nous avions aimé la douceur de cette ville, la vie qui envahit les rues le soir, le calme du matin dans les parcs et les petits déjeuners copieux pris sans se presser aux terrasses...

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Nos adresses à Burgos: 

Ne manquer sous aucun prétexte les super bons tapas de la Casa Pancho. Accueil et service très sympa (même quand c'est bondé on vous trouve une place!)

Oranges pressées, tartines jambon-tomate-huile d'olive et churros y chocolate terribles au café Ibañez

Dodo ici par exemple, impec et pas hors de prix, en plein centre.

 

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