Attendre
En fait, il suffisait d'attendre. (Quelquefois il faut surtout attendre.) Ailleurs, les cerises sont mûres depuis longtemps. Ici, on s'était résigné à ne pas en manger et à laisser les merles les dévorer. Et puis aujourd'hui, Louis a trouvé qu'elles commençaient à avoir une jolie couleur et que c'était dommage de perdre les dernières. Alors on a sorti l'échelle, sous un ciel gris, on est monté (tous monté) et sous les feuilles on a trouvé des grappes de cerises jaune-orangé. Il a fallu un panier, un crochet pour suspendre le panier, et un peu de courage tout de même parce que quand on est petite et en tenue de gala, le sommet de l'échelle est bien haut... ("Ça, je vais peut-être pas l'écrire dans mon cahier...") Emilie a voulu emmener une poignée de cerises à l'école pour les faire goûter aux enfants, et la poignée dans un sac en papier est devenue cadeau d'anniversaire pour la dame de service de sa classe, ravie. Une nouvelle cueillette en rentrant de l'école, et on avait tout ce qu'il fallait pour jouer à la marchande de cerises. Marchande de cerises en robe longue tourbillonnante, c'est important. D'aujourd'hui je voudrais retenir aussi sa joie non feinte, vraie grande joie en découvrant la petite robe achetée pour elle et enfilée aussitôt. Et aussi sa demande insistante d'avoir les oreilles percées, même si le contrat passé avec elle n'est pas encore tout à fait respecté. C'est qu'on ne peut pas se promener avec des cerises aux oreilles tout au long de l'année!













